cascade

Mai 2005

Réserve du titre...

Le feuilleton continue et le suspense semble vouloir nous tenir en haleine jusqu’à la fin.

Récapitulons les derniers épisodes. En décembre, nous avons fait parvenir nos réflexions et propositions au groupe d’experts présidé par le Dr Trudeau. Un contact téléphonique à l’Office des professions nous a confirmé que nos documents étaient reçus et étudiés par le comité, et on nous invitait même à acheminer au comité quelques statistiques sur le profil de nos membres. Ce qui fut fait au début mars. Ce document comprenait les renseignements suivants : pourcentage des membres qui font partie d’ordres professionnels, niveau de diplomation, répartition selon l’approche, la méthode de référence et les techniques utilisées, critères d’admission, processus d’étude des formations et liste des écoles étudiées… Bref une présentation assez détaillée de notre procédure d’évaluation des candidats et candidates, ainsi qu’un portrait statistique de notre membership dont vous pourrez lire quelques extraits dans ce numéro d’Entre-nous. Et je ne vous dis pas tout le travail que cela représente pour les membres du comité de coordination.

Et maintenant ? Nous avons été rassurés sur le fait que la SQPP inspire respect et sérieux, et aussi que la cause des psychothérapeutes a été bien défendue. Toutefois, comme il s’agit pour l’instant d’une communication à sens unique, nous n’avons aucune idée de ce que le comité Trudeau a retenu et conclu, ni de ce qu’il s’apprête à déposer comme propositions pour l’encadrement de la psychothérapie. Par ailleurs, une lettre du Dr Trudeau nous assure que nous serons informés du contenu des propositions aussitôt qu’elles seront prêtes. C’est-à-dire, comme nous le comprenons, nous serons informés au moment même où ces propositions seront acheminées aux ordres pour discussion et approbation. Ce qui devrait se faire en juin. Nous aurons à ce moment une autre occasion de faire valoir notre point de vue. Nous serions étonnés que le comité Trudeau retienne intégralement l’idée d’une structure ouverte comme celle que nous proposons, — même si nous pensons qu’il faudra bien y venir un jour — mais nous croyons que les conclusions du comité Trudeau nous feront une place. Sous quelle forme? Probablement en confiant à un ordre professionnel, comme prévu antérieurement, le mandat d’émettre aux psychothérapeutes compétents non admissibles aux ordres le permis de porter le titre sous certaines conditions. Il est permis de croire que la majorité de nos membres rencontreront ces conditions et que des aménagements acceptables seront prévus pour les autres. Cela nous donnerait une reconnaissance légale et un droit de parole pour les prochaines consultations concernant la pratique de la psychothérapie.

Mais voilà, le comité Trudeau n’est pas décisionnel, il émet ses recommandations qui devront être entérinées par les ordres pour que l’Office des professions puisse ensuite procéder avec l’élaboration du règlement. Une rumeur circule à l’effet que l’Office des professions opterait pour le statu quo si les ordres ne s’entendaient pas entre eux sur les recommandations du comité Trudeau. Et comme l’Ordre des psychologues n’a aucun intérêt à ce que la psychothérapie fasse tranquillement son lit au sein d’autres ordres que le sien… il y a lieu de continuer à s’inquiéter. Si c’était le cas, nous serions contraints de continuer à faire valoir notre compétence en nous distinguant à la fois des charlatans et des psychologues. Si nous nous retrouvions dans cette situation, nous aurions toute la légitimité voulue pour commencer à dénoncer publiquement le corporatisme des ordres censés protéger le public et non leur territoire. Nous serons bientôt fixés.

Michel Brais, président

 

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