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Novembre 2005

Être ou ne pas être psychothérapeute…

Voilà la question qui trouvera bientôt sa réponse, du moins au plan légal. En effet, au moment où j’écris ces lignes, le comité d’experts sur la modernisation de la pratique professionnelle en santé mentale, présidé par le Dr Jean-Bernard Trudeau, vient tout juste de déposer ses conclusions à l’Office des professions du Québec. Le contenu de ce rapport sera bientôt du domaine public, après avoir été transmis à M. Yvon Marcoux, Ministre de la Justice et responsable des lois professionnelles. Au moment où vous lirez ces lignes, nous aurons donc pu prendre connaissance de l’ensemble des propositions élaborées par le comité Trudeau, et plus particulièrement du règlement qui définira les modalités et exigences pour pouvoir porter le titre de psychothérapeute au Québec.

Le parcours aura été long et ardu puisque son aboutissement permettra de rendre effective une loi votée en 1998. Nous sommes maintenant devant la ligne d’arrivée et nous avons confiance que ce règlement constituera une avancée positive très importante pour la pratique de la psychothérapie au Québec. Nous osons donc espérer que sa mise en application sera plus rapide. Ce qui pourrait être le cas puisque la démarche de travail et de consultation mise en place par le Dr Trudeau a permis d’impliquer les principaux organismes concernés, dont la SQPP, et de dégager des consensus qui favoriseront très certainement l’accueil positif des conclusions.

Quels sont les enjeux ?

D’abord la reconnaissance légale du fait que la psychothérapie est une profession pratiquée par différents types d’intervenants, issus de plusieurs champs de compétence. Ensuite, tout en tenant compte de la diversité des intervenants et des approches, le règlement devra préciser des critères de base communs au niveau de la formation théorique et clinique, ainsi que des modalités d’exercice qui garantiront le professionnalisme de ceux et celles qui porteront le titre de psychothérapeute. Enfin, la reconnaissance du fait que certains parcours particuliers mènent  à la compétence, sans toutefois donner accès à un ordre professionnel existant. Comme il n’y a pas d’ordre professionnel des psychothérapeutes, il conviendra d’aménager un accès particulier pour ceux et celles que l’on nomme les psychothérapeutes compétents non admissibles à un ordre. À la SQPP, 75 % de nos membres sont de cette catégorie alors que 25 % sont aussi membres de différents ordres professionnels.

Une des missions que s’était donnée la SQPP à sa fondation, en 1991, était de pallier l’absence de définition et de critères de compétence pour encadrer la pratique de la psychothérapie. Avec l’aboutissement du processus de réglementation, nous pourrons nous concentrer davantage sur les autres aspects de notre mission : favoriser les échanges entre les différentes approches, promouvoir le ressourcement et la formation continue, permettre la réflexion sur l’évolution théorique et clinique de nos pratiques, informer adéquatement le public sur les différentes avenues qui s’offrent à lui dans sa quête de mieux-être.

Michel Brais, président

 

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